Ce n’est pas un mirage, ni une fausse promesse : tous les jours, des repreneurs font l’acquisition d’entreprises de toutes tailles, sans dépenser un seul centime, ou presque. Il y a même des entrepreneurs qui en ont fait leur spécialité et se constituent des fortunes entrepreneuriales importantes en quelques années seulement.

Voici 3 des techniques les plus couramment utilisées.

 

Reprendre une entreprise en dépôt de bilan

Selon la Banque de France, 35 000 entreprises ont déposé le bilan au cours des douze derniers mois en France. Avec la crise de la Covid-19, on s’attend à ce que ce nombre explose : c’est une véritable opportunité pour les repreneurs. Pour simplifier, il y a deux stades du dépôt de bilan : le redressement et la liquidation.

En redressement, l’entreprise passe sous le contrôle du Tribunal de Commerce dont elle dépend, qui nomme un Administrateur Judiciaire pour lui trouver un avenir. Les candidats repreneurs sont invités à formuler leurs offres. Le tribunal privilégie usuellement celles qui conservent le maximum d’emplois, et qui présentent un véritable avenir pour l’entreprise. En contrepartie, le repreneur peut bénéficier de l’effacement de la dette. En clair : vous reprenez une entreprise qui marche mal, vous la reprenez avec ses recettes et ses charges (personnels, loyers…) mais sans ses dettes. Si vous savez la redresser, c’est tout bénéfice. Reprendre une entreprise qui marche mal et la faire marcher de nouveau, sachant que vous aurez « planté » ses créanciers (tous ceux auprès de qui la société avait des dettes) : autant dire que c’est un exercice réservé à des entrepreneurs avertis et disposant d’une surface financière leur permettant d’amortir le choc le temps du redressement. A la clef, si vous réussissez, vous prenez le contrôle et la propriété d’une entreprise entière.

En liquidation, cela signifie que le Tribunal de Commerce a estimé que l’entreprise n’avait aucune chance de survie. Au demeurant, il lui reste des actifs : ça peut être du matériel, une marque, un brevet, une clientèle… Vous pouvez formuler une offre auprès du tribunal pour reprendre ce qui vous intéresse, et logiquement, à prix cassé. L’astuce est de reprendre ce qui fait réellement la valeur de l’entreprise. C’est parfois juste sa marque, que vous allez acquérir pour un prix symbolique tout en récupérant les clients qui y sont attachés. Ici, le risque est moins élevé que dans le cas d’une reprise « en redressement », mais il vaut mieux être un professionnel averti et se faire conseiller pour ne pas s’exposer outre mesure dans un exercice qui ne fait pas de cadeaux.

Où trouver des entreprises en faillite à reprendre ? Le plus simple : des sites internet comme celui-ci listent les défaillances d’entreprises et fournissent les coordonnées des administrateurs judiciaires chargés des dossiers.

 

Reprendre une entreprise en LBO (leverage buy out)

Le LBO est une technique très courante pour financer la reprise d’entreprise. Elle a recours à l’effet de levier financier. Cela consiste à créer une société holding qui va emprunter l’argent nécessaire à financer le rachat d’une société. Celle-ci va devenir filiale de la holding et ce sont ses bénéfices, qui le temps du financement, vont remonter à la holding pour rembourser l’emprunt. En quelque sorte, vous prenez le contrôle d’une entreprise qui se paye elle-même.

Si la technique est courante, les banques n’accordent leur financement qu’à des entrepreneurs expérimentés et quand elles ont la conviction que l’entreprise rachetée sera suffisamment rentable dans le temps pour générer les ressources nécessaires au remboursement de l’emprunt. C’est souvent le cas d’anciens dirigeants de la société, et qui donc la connaissent bien. C’est pour le cédant un moyen efficace de céder son entreprise à ses proches collaborateurs avec le sentiment d’une continuité.

A la clef, avec un apport financier limité, vous prenez le contrôle d’une société qui fonctionne.

 

Racheter une entreprise grâce au crédit vendeur

Dans le cas du crédit vendeur, comme son nom l’indique, c’est le vendeur de la société qui accorde un crédit à son acheteur. Cela fonctionne comme un paiement en plusieurs fois. Les deux parties se mettent d’accord sur un échéancier de règlement. En général, une première partie doit être payée à la signature, puis d’autres règlements étalés dans le temps – sur plusieurs années – pour payer le solde.

 

L’astuce consiste à payer la première partie, celle qui est réglée à la signature, avec la trésorerie dont dispose l’entreprise au moment de la vente, puis les autres échéances avec les bénéfices futurs. En clair : l’acheteur prend le contrôle de l’entreprise sans débourser un centime ! Pour que cela fonctionne, il faut réunir deux conditions : trouver un vendeur qui ait suffisamment confiance en vous pour vous faire crédit, et racheter une entreprise qui aura les reins suffisamment solides pour bien fonctionner une fois sa trésorerie ponctionnée. Pas évident, mais tous les jours, des entreprises sont acquises via ce modèle, principalement lorsque le vendeur n’a pas trouvé d’acquéreur et que faute de mieux, c’est la solution qui lui permet de monétiser son entreprise.

Comment trouver des entreprises à vendre ? Des sites internet servent de passerelles entre cédants et repreneurs comme celui-ci.

 

La reprise d’entreprise est un exercice entrepreneurial à réserver aux entrepreneurs aguerris ou prêts à s’investir très amplement. Si vous en avez la compétence et l’engagement, il existe bien des techniques pour racheter ou prendre le contrôle de sociétés sans débourser d’argent, ou presque.